La durabilité des systèmes côtiers


CADRE SCIENTIFIQUE

Depuis longtemps, les systèmes côtiers rendent une multitude de services aux sociétés humaines : transport et commerce maritimes, énergies fossiles et renouvelables, tourisme, protection des terres contre les risques tels que les inondations et les tempêtes. En même temps, les côtes comptent parmi les environnements les plus hétérogènes, les plus dynamiques et les plus fragiles de la planète.

La vulnérabilité des côtes est en partie liée aux forçages physiques tels que les aléas météorologiques, le bilan sédimentaire et les processus de transport dans la zone côtière ou l’élévation du niveau de la mer liée au changement climatique. Cependant, la vulnérabilité côtière est aussi directement liée aux activités humaines sur les territoires côtiers et les bassins versants, qui agissent comme des forçages humains. La croissance des activités sociales et économiques due à l’urbanisation côtière et à l’émergence de l’économie bleue s’accompagne de nouveaux forçages anthropiques tels que la pollution et la disparition des habitats.

Le « défi côtier » est au centre de ce thème, qui vise à développer des stratégies cohérentes à long terme pour la gestion intégrée des zones côtières. Il repose sur l’expérience issue de projets interdisciplinaires qui vont de la géomorphologie à la psychologie (axe 5 du LabexMER – ANR Cocorisco), sur l’expertise des interactions ondes-structure, sur la conception mécanique et la durabilité des structures navales (axe 7 du LabexMER – laboratoire commun Gustave Zédé, partagé entre la  DCNS et l’IRDL), sur l’animation de projets européens (IMCORE, Gestion innovante des ressources côtières européennes en évolution). Il bénéficiera de collaborations avec des partenaires privés (télédétection et énergies marines), des agences gouvernementales (CEREMA, SHOM) et le programme Copernicus Marine pour améliorer le suivi et la prévision de l’environnement côtier.

OBJECTIFS SPÉCIFIQUES

Ce thème regroupe les projets suivants :

– la description et compréhension de la cinématique de la morphodynamique du littoral, y compris l’impact des aléas naturels et des structures artificielles : effets des processus hydrodynamiques transitoires sur les changements du niveau de la mer (set-up, run-up) et sur les flux sédimentaires dans la zone de swash ; fiabilité, durabilité et cycle de vie des structures flottantes ou immergées, impacts de ces structures sur les fonctions côtières.

– l’utilisation d’une approche multidisciplinaire (physique, chimie, biologie, économie et droit) pour caractériser les impacts des polluants émergents (microplastiques, produits chimiques, etc.) et les effets de la dégradation des habitats sur les écosystèmes côtiers et sur le bien-être humain, tout en étudiant les différentes options afin de gérer ces impacts.

– la compréhension de l’émergence et de l’évolution de nouvelles activités humaines dans la zone côtière (par exemple les énergies marines renouvelables) en tenant compte des facteurs économiques, de la réglementation, de la responsabilité environnementale et du comportement humain, en combinant la géomatique, la modélisation environnementale et les études en sciences sociales.

– la mise en place d’un observatoire interdisciplinaire des risques côtiers (érosion, inondation, pollution) en intégrant les dimensions sociétales (coût, gouvernance, perception humaine) avec pour objectif  l’atténuation et l’adaptation de la vulnérabilité côtière, afin de mettre en œuvre une gestion intégrée des zones côtières.